Quelles sont les différents types de voiles d'un bateau ?
Sur un voilier, le moteur... c'est le vent. Et ce sont les voiles qui transforment ce vent en mouvement. Selon leur forme, leur position et la façon dont elles sont réglées, les voiles permettent de remonter face au vent, de filer plein arrière ou de garder le contrôle par gros temps.
Dans cet article, nous allons tout vous dire sur les voilures de bateau, c'est-à-dire les principaux types de voiles, ceux que vous croiserez le plus souvent sur les voiliers de plaisance et sur les grands bateaux de course, et que vous pourrez croiser lors de votre visite de la Cité de la Voile !
D'abord, c'est quoi une voile ?
Une voile est une surface de toile (aujourd'hui en matériaux synthétiques) tendue sur un mât, un câble ou une bôme. Son rôle est de créer de la portance, un peu comme une aile d'avion verticale.
Chaque voile possède quelques éléments clés à connaître : le bord d'attaque (le guindant), le bord de fuite (la chute), la partie basse (la bordure) ainsi que trois points importants: point de drisse (en haut), point d'amure (en bas vers l'avant) et point d'écoute (en bas vers l'arrière).
Comprendre ce vocabulaire aide à mieux visualiser comment la voile se règle... et pourquoi on change de voile selon la direction et la force du vent. D'ailleurs, c'est une des raisons pour lesquels nous avons créé pour vous le lexique de la voile, pour tout savoir des termes que l'on utilise dans ce secteur !
Les grandes familles de voiles sur un voilier moderne
Sur la plupart des voiliers de croisière actuels, on retrouve trois grandes familles de voiles: la grand-voile, les voiles d'avant et les voiles de portant.
La grand-voile, le « moteur >> principal
La grand-voile est la grande voile triangulaire située derrière le mât, tenue en bas par une bôme. C'est elle qui reste le plus souvent hissée et qui fournit l'essentiel de la puissance sur un voilier moderne.
Sur les bateaux de croisière, elle est généralement en Dacron ou en polyester, des matériaux résistants et faciles d'entretien. Sur les bateaux de régate, on utilise des tissus plus techniques comme le mylar, le kevlar ou le carbone, plus légers et plus rigides pour gagner en performance.
En jouant sur la tension du guindant, de la bordure ou de la chute, on adapte la forme de la grand-voile à la force du vent: plate par vent fort, plus creuse par vent faible.
Les voiles d'avant: foc, génois, solent...
Devant le mât, on trouve les voiles d'avant, hissées le long d'un câble appelé étai. Elles complètent la grand-voile et équilibrent le bateau.
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Le foc: voile triangulaire qui ne dépasse pas le mât. Facile à manœuvrer, il est apprécié en école de voile ou par vent soutenu.
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Le génois: voile d'avant plus grande, qui recouvre le mât. Elle offre beaucoup de puissance dans le petit temps et les allures de près serré à travers au large.
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Le solent: voile intermédiaire, plus petite qu'un grand génois, utile quand le vent fraîchit sans passer encore à une voile de fort coup de vent.
Sur beaucoup de voiliers de croisière, ces voiles d'avant sont enroulables: on réduit ou on déroule la surface de toile directement depuis le cockpit.
Les voiles de portant: spi, gennaker, code 0...
Quand le vent vient de l'arrière ou du côté, on peut envoyer des voiles plus grandes, conçues pour << porter >> le bateau aux allures portantes.
Le spinnaker (spi)
Voile très creuse, en forme de ballon, souvent de couleur vive. Le spi classique est symétrique, utilisé surtout en régate sur des allures de vent arrière ou de largue.
Le gennaker
Voile intermédiaire, plus plate et asymétrique, qui se situe entre le génois et le spi. Elle est plus simple à manœuvrer qu'un spinnaker tout en offrant une bonne puissance sur les allures de reaching (vent de travers à largue).
Le code 0 Voile très en vogue sur les bateaux de course au large: grande, légère, montée sur un câble, elle permet de garder beaucoup de surface de toile dans le petit temps, sur des allures proches du près. On la considère comme une voile à mi-chemin entre un génois très puissant et un gennaker.
Les voiles de mauvais temps: trinquette, tourmentin...
Quand le vent forcit vraiment, l'objectif n'est plus d'aller vite mais de rester en sécurité :
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La trinquette de brise: petite voile d'avant fortement renforcée, établie plus près du mât, qui donne de la tenue au bateau par vent soutenu.
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Le tourmentin: voile d'avant encore plus petite, de couleur vive, utilisée en cas de coup de vent sérieux ou de tempête.
Ces voiles de sécurité sont souvent imposées sur les bateaux engagés en course au large.
Et sur les voiliers traditionnels ?
Tous les voiliers ne portent pas les mêmes types de voiles. Les gréements traditionnels, qu'on retrouve sur les vieux gréements, bateaux de pêche ou goélettes, utilisent d'autres familles de voiles.
La voile carrée
C'est la grande voile rectangulaire qu'on imagine sur les galions ou les grands voiliers d'exploration. Elle est portée par une vergue horizontale au travers du mât. Très efficace vent arrière, elle se prête moins bien à la remontée au près.
La voile latine
Voile triangulaire gréée sur une longue vergue oblique, très présente en Méditerranée. Elle offre un bon compromis entre performances au portant et au près, mais demande un vrai savoir-faire pour être manœuvrée.
Les voiles auriques: au tiers, à corne...
Sous ce terme, on regroupe plusieurs voiles qui présentent toujours le même bord d'attaque au vent:
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Voile au tiers: voile quadrangulaire montée sur une vergue inclinée, typique de nombreux bateaux de pêche bretons.
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Voile à corne: voile quadrangulaire prolongée par une corne, très utilisée sur les cotres et certains vieux gréements rapides.
Comment choisir ses voiles selon sa navigation ?
Pour un plaisancier, on parle souvent de << garde-robe de voiles ». Tout comme on adapte son manteau à la saison, on adapte ses voiles:
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En croisière familiale, un jeu simple suffit souvent: grand-voile, génois enrouleur et, parfois, un spi ou un gennaker pour s'amuser dans le petit temps.
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En régate ou en course au large, les équipages disposent de plusieurs génois numérotés (J1, J2, J3...), de voiles de portant spécialisées (spi, gennaker, code 0) et de voiles de mauvais temps pour affronter toutes les situations.
Le choix dépend aussi du type de bateau, de la zone de navigation et du niveau de l'équipage : plus la voile est grande et technique, plus elle demande d'anticipation et de coordination à bord.
Aller plus loin: apprivoiser le vocabulaire de la voile
Connaître les grandes familles de voiles est une première étape. Pour se repérer encore mieux à bord, il est utile de maîtriser le vocabulaire associé: guindant, chute, bordure, étai, bastaques, drisses, écoutes...
À la Cité de la Voile Éric Tabarly, maquettes, voiliers grandeur nature et espaces interactifs vous permettent de voir ces voiles de près, de toucher les matériaux et de comprendre comment elles sont réglées en situation.
