Pen Duick : les bateaux d'Eric Tabarly

Éric Tabarly : précurseur en construction navale

Architecte et concepteur de génie, marin d’exception, Éric Tabarly n’a cessé d’être précurseur en matière de construction de bateaux. Trois des Pen Duick furent construits aux chantiers de La Perrière à Lorient : la goélette Pen Duick III, le trimaran Pen Duick IV (1er grand multicoque océanique qui deviendra Manureva) et Pen Duick V, un monocoque de 10,70 mètres, précurseur des monocoques de 60 pieds actuels (tels les bateaux du Vendée Globe).

Port d'attache Pen duickLa Cité de la Voile : port d'attache des Pen Duick

Cette histoire commune entre Éric Tabarly et Lorient, marquée par l’innovation, se poursuit à présent avec la Cité de la Voile Éric Tabarly. Sur les six bateaux historiques d’Éric Tabarly, cinq naviguent toujours (Pen
Duick, Pen Duick II, Pen Duick III, Pen Duick V et Pen Duick VI).
Entre deux escales, vous pourrez admirer ces bateaux mythiques aux pontons de la Cité.

Pen Duick : le premier voilier d’Éric Tabarly

Ce voilier possède un cotre aurique de 15 m et a été conçu en 1898 par l’architecte écossais W. Fife III Jr. et construit en Irlande sous le nom de Yum.

Guy Tabarly, le père d'Éric, l’achète en 1938 et la famille navigue à bord jusqu’en 1947, date à laquelle il nécessite de nombreux travaux. Éric Tabarly l’achète à son père en 1952 à l’état d’épave. Il va le sauver en utilisant la carène comme moule pour stratifier une coque en verre polyester, une première à l’époque pour une carène de cette taille. De 1959 à 1962, il va effectuer de nombreuses croisières et régates à bord. Pen Duick est restauré de nouveau entre 1983 et 1989 par le chantier de R. Labbé. C’est à bord de ce voilier qu’Éric Tabarly, disparaît en mer pendant la nuit du 12 au 13 juin 1998 au large du Pays de Galles.

Architecte : William Fife III junior, architecte écossais
Chantier : Gridiron and Workers à Carigaloe près de Crosshaven en Irlande

Pen Duick II : la Transat anglaise de 1964

C’est le premier voilier d’Éric Tabarly conçu spécialement pour une course : la 2ème édition de la Transat en solitaire anglaise en 1964.

Un plan de G. Costantini construit dans son chantier à Saint-Philibert. Éric Tabarly remporte cette course en 27 jours devant F. Chichester, le vainqueur de l’édition précédente. Pen Duick II reçoit ensuite deux nouveaux gréements pour améliorer ses performances en équipage, par petit temps et pour être compétitif dans la jauge CCA aux USA. Le voilier est vendu à l’École Nationale de Voile de Quiberon en 1967. Pen Duick II a permis à Éric Tabarly d’accumuler une grande expérience en tout juste deux ans et servira de base à l’élaboration de Pen Duick III. Il a été en partie reconstruit en 1994 au chantier Pichavant. Il navigue depuis à l’E.N.V. (École Nationale de Voile).

Architecte : Gilles Costantini et Éric Tabarly
Chantier : Costantini à Saint-Philibert

Pen Duick III : la plus grande coque alu

Pen Duick III est le voilier d’Éric Tabarly le plus récompensé en courses. C’est une grande extrapolation de Pen Duick II, conçu pour courir la transat en solitaire de 1968 mais aussi pour les courses en équipage.

L’année de son lancement, en 1967, il est fait champion du RORC en gagnant toutes les courses auxquelles il participe. C’est une extrapolation du Pen Duick II construite en aluminium et dont la carène et la quille sont testés en bassin des carènes. Une première à l’époque marquée aussi par le début du sponsoring pour clore le budget de construction. Depuis lors, il continue de courir sur toutes les mers du globe en équipage ou en solitaire, de la Transat au Vendée Globe en passant par la Whitbread, la Route du Rhum et Lorient Les Bermudes Lorient. En 2000, Pen Duick III a rejoint le Club Croisière Pen Duick d’Arnaud Dhallenne.

Architecte : Éric Tabarly et chantier La Perrière
Chantier : Ateliers et Chantiers de la Perrière à Lorient

Pen Duick IV : le premier trimaran de course

Un trimaran révolutionnaire en 1968 mais qui n’a pas été lancé suffisamment à temps pour être mis au point avant la Transat à cause des évènements de mai 1968.

André Allègre et le chantier la Perrière ont conçus un voilier de 20 m très léger spécialement pour la haute mer. Construit en aluminium, il possède de nombreuses innovations : des mâts ailes pivotants avec des grands-voiles entièrement lattées, des bras de liaison en tubes d’alu reliant des flotteurs symétriques à la coque centrale. Un abordage et des ennuis de pilote automatique ne permettent pas de finir la Transat en 1968 mais il gagnera celle de 1972 avec Alain Colas.
 Manureva (son nouveau nom) disparaît pendant la 1ère Route du Rhum avec Alain Colas le 16 novembre 1978.

Architecte : André Allègre et Chantier la Perrière
Chantier : Ateliers et Chantiers de la Perrière à Lorient

Pen Duick V : le premier voilier de course à ballasts

Un prototype de 35’ conçu spécialement pour la course en solitaire de 1969 : la Transpacifique de San-Francisco à Tokyo organisée par la Slocum Society.

Pen Duick V est le précurseur des monocoques de 60’ actuels avec ses ballasts, sa quille profonde et fine, ses élancements réduits au maximum ainsi que ses lignes arrières très larges et porteuses. La carène planante possède le même style de redan que les vedettes à moteur. É. Tabarly remporte brillamment cette course en 39 jours et 15 heures avec 11 jours d’avance sur le second. Le voilier a été financé par le Port de Saint-Raphaël qui le met en vente après la course.

Architecte : Michel Bigoin, Daniel Duvergie et Chantier la Perrière
Chantier : Ateliers et Chantiers de la Perrière à Lorient

Pen Duick VIPen Duick VI : la Transat en solitaire de 1976

Le premier classe 1 d’Éric Tabarly, il a un petit faible pour ce voilier conçu spécialement pour la première course autour du monde, la Whitbread de 1973-1974.

Pen Duick VI est construit en un temps record par l’Arsenal de Brest pour être présent sur la ligne de départ. Toutes ses chances de gagner sont cependant ruinées par deux démâtages lors de la 1ère et de la 3ème étape. En 1974, Les Bermudes – Plymouth est la première des nombreuses courses que le ketch gagnera par la suite, comme en 1976, le Triangle Atlantique et la Transat en solitaire en juin. Cette course est sans aucun doute, la plus dure qu’Éric Tabarly ait jamais courue en affrontant cinq tempêtes consécutives à bord d’un voilier conçu pour 14 équipiers sans pilote automatique (tombé en panne quatre jours après le départ).
Le grand maxi repartira en 1981 pour le tour du monde sous le nom d’Euromarché. Il finit 5ème sur 27 bien que dépassé par ses concurrents.
Au XXIe siècle, Pen Duick VI continue de parcourir toutes les mers du monde en école de voile, Islande, Groenland, Antilles, Patagonie, Antarctique

Architecte : André Mauric
Chantier : Arsenal de Brest

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Cité de la Voile Lorient