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Pen Duick II

Un numéro 14 de légende

C’est le premier voilier d’Éric Tabarly conçu spécialement pour une course : la 2ème édition de la Transat en solitaire anglaise 1964.

Avec la complicité de son ami Gilles Constantini, Tabarly a imaginé un bateau à déplacement léger, maniable en solitaire pour un marin athlétique comme lui et assez solide pour affronter les conditions musclées de l’Atlantique Nord. En 1964, Pen Duick II est alors le plus grand monocoque construit en contreplaqué.

 

Sa coque à double bouchain aux lignes épurées est très moderne et équilibrée. Doté d’une quille à bulbe, Pen Duick II est bien lesté et très raide à la toile. La formule du ketch a permis une division du plan de voilure pour une plus grande facilité de manœuvre en solitaire. La grand–voile ne mesure que 21,60 m², la plus grande voile du triangle avant le yankee 30 m². En plus, Tabarly embarque une arme redoutable, un spi de 82 m² qu’il hisse dès les premiers instants de course à Plymouth. Les aménagements sont astucieux avec notamment cette table à cartes sur cardans et en guise de siège, la fameuse selle de Harley Davidson. Enfin, pour surveiller ses voiles, l’enseigne de vaisseau a fixé sur le rouf une bulle en plexiglass d’hydravion récupérée à la base du Poulmic. À la barre de ce voilier résolument novateur et malgré une avarie de pilote automatique à la fin de la première semaine de course, Tabarly domine ses adversaires. Après une traversée de 27 jours et 3h56, il remporte cette transat devant Sir Francis Chichester, le vainqueur de la première édition qu’il devance de près de trois jours. Le jeune enseigne de vaisseau breton de 33 ans et monocoque frappé du numéro 14 entrent dans la légende.

 

Pen Duick II reçoit ensuite deux nouveaux gréements (goélette) pour améliorer ses performances en équipage, par petit temps et pour être en conformité avec la jauge CCA (Cruising Club of America) aux USA. Des modifications dont Tabarly se servira pour imaginer le gréement de son futur Pen Duick III.

En 1967 à l’initiative de Maurice Herzog, Ministre de la Jeunesse et des Sports, le voilier est racheté par l’État et affecté à l’École Nationale de Voile de Quiberon qui doit être créée en 1970. Un peu à l’abandon à terre sur le parking de Beg Rohu pendant plusieurs années, ce voilier de légende se dégrade. En 1994, la mobilisation de plusieurs partenaires institutionnels et privés a permis sa restauration, 30 ans après sa victoire historique dans la transat anglaise. Une restauration remarquablement réalisée par les Chantiers Pichavant de Pont Labbé, avec la contribution de l’AFPA pour les aménagements intérieurs et du voilier Victor Tonnerre pour la garde-robe. Sa mise à l’eau à Quiberon en septembre 1995 est comme une seconde naissance. Il a ensuite navigué dans le cadre de stages de l’École Nationale de Voile et participé à diverses régates de yachts classiques.

 

Toujours propriété de l'ENVSN (École Nationale de Voile et des Sports Nautiques), il est confié depuis 2018 à l'association Éric Tabarly qui l'entretient et le fait naviguer. En hommage à Éric Tabarly, Loïck Peyron l’avait mené sur la transat anglaise en solitaire en mai 2016 mais avait été contraint à l’abandon.

 

 

Fiche technique

Architecte : Gilles Costantini et Éric Tabarly
Constructeur : Costantini à La Trinité-sur-mer

Port d'attache : Port Haliguen

 

Fabrication : contreplaqué marine

Lancement : 1964 

Longueur : 13,60 m

Longueur à la flottaison : 10 m

Tirant d'eau : 2,20 m

Tirant d'air : 12,50 m

Déplacement : 6,5 t

Lest : 3,5 t

Voilure au près : 61,20 m²

Voilure au portant : 111,60 m²

 

 

Les autres Pen Duick

 Pen Duick

 Pen Duick III

 Pen Duick IV

 Pen Duick V

 Pen Duick VI