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Pen Duick VI

Une victoire historique dans la transat 1976

La victoire d’Éric Tabarly dans la Transat anglaise en solitaire 1976 à la barre de ce grand ketch en aluminium conçu pour 14 hommes d’équipage

a marqué l’histoire de la course océanique. Ce sixième des Pen Duick avait été conçu pour la première Whitbread (Course autour du monde en équipages) de 1973. C’est vers l’architecte marseillais André Mauric, spécialiste des bateaux à jauge, qu’Éric Tabarly se tourne pour concevoir ce Class 1 adapté à un programme de Tour du monde et aux courses régies par la jauge IOR (International Offshore Rule).

Pen Duick VI est construit en un temps record à l’arsenal de Brest sous la direction de l’architecte et polytechnicien Xavier Joubert. Le sponsoring n’étant pas encore dans l’air du temps, c’est un pool de fournisseurs réunis par Gérard Petitpas dans un groupement d’intérêt économique qui en assure le financement.

Lors des essais, ce ketch dont le grand mât culmine à 25 m et porte des spis de 350 m2, se révèle très puissant, rapide et équilibré. Tabarly et son équipage font partie des grands favoris de cette Whitbread au départ de Porsmouth. Hélas deux démâtages dans la 1ère et la 3ème étape torpillent leurs espoirs de victoire. Mince consolation pour Tabarly, le grand ketch noir a affiché des performances étonnantes pour l’époque. Il va confirmer son potentiel en remportant la course Les Bermudes-Plymouth 1974, le Triangle atlantique 1975-1976.

En 1976, faute d’avoir pu construire un nouveau multicoque, Tabarly décide de disputer la Transat anglaise 1976 à la barre de ce Pen Duick qui a subi quelques adaptations pour être mené en solitaire. Un pari fou mais réussi par ce marin hors norme. Contre toute attente après 23 jours et 20 heures de mer, Tabarly sort de la brume en vainqueur à Newport après une traversée éprouvante marquée par cinq dépressions successives. Privé de son pilote automatique tombé en panne quelques jours après le départ, il avait failli faire demi-tour.

Rebaptisé "Euromarché", le grand maxi repartira en 1981 pour le tour du monde avec de jeunes équipiers Michel Desjoyeaux, Jean le Cam, Roland Jourdain qui font leurs premières armes. Désormais dépouillé de sa quille en uranimum qui avait suscité la polémique avec les Anglais, un peu allégé, le ketch n’est plus compétitif face à des unités plus récentes. Il termine 5ème en temps réel et dixième en compensé sur 27 concurrents de cette course autour du monde.

 

Il  reste cependant un formidable bateau hauturier à bord duquel de nombreux stagiaires vont se former sous la houlette d’Arnaud Dhallenne de l’Atlantique au Pacifique, du Groenland au Pacifique pendant une quinzaine d’années. Le grand ketch toujours vaillant sillonne les océans, effectue la saison d’hiver aux Antilles et avale 10 000 milles par an.

En 2009, Pen Duick VI, propriété de Jacqueline et Marie Tabarly est confié à l’association qui organise ses navigations pendant neuf ans.

En juillet 2018, Marie Tabarly reprend la barre du grand ketch pour son projet Elemen’Terre qui réunit des artistes et  des personnalités. Un projet  qu’elle n’a pu mener à son terme en raison de la crise du Covid.

Mais elle va rebondir et mènera Pen Duick VI dans l’Ocean Globe Race en équipage (une course autour du monde à l’ancienne lancée par Don McYntire) en 2023. Le vénérable ketch pour lequel Éric Tabarly avait un faible après sa victoire héroïque dans la transat anglaise aura alors 50 ans. Joli clin d’œil.

 

 

Fiche technique

Architecte : André Mauric
Constructeur : Arsenal de Brest

Port d'attache : Lorient

 

Lancement : 1973

Longueur hors tout : 22,25 m

Longueur à la flottaison : 18,80 m

Déplacement : 32 tonnes

Largeur : 5,50 m

Tirant d’eau : 3,40 m

Gréement : Ketch Marconi

Surface de voilure au près : 260 m2

Matériau : Duralinox

 

 

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