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Vendée Globe : la sécurité à bord

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Plus que 2 mois avant le départ du Vendée Globe 2020 !

 

22 000 milles (40 000 km) en solitaire, sans escale et sans assistance, le Vendée Globe est surnommé « l’Everest des mers » de par sa difficulté et son caractère extrême. En trente ans, 167 skippers et skippeuses ont pris le départ de cette course et 89 l’ont terminée. Il y a une moyenne de 47% d’abandon sur l’ensemble des éditions.

Afin de limiter les risques sur la course et de garantir la sécurité des skippers, la classe IMOCA et sa jauge sont créés en 1991. Cette jauge est révisée tous les quatre ans et renforce régulièrement les règles de sécurité à bord. Ce sont notamment 3 chavirages (Thierry Dubois, Tony Bullimore et Raphaël Dinelli) et une disparition (Gerry Rouf) en 1996 qui qui ont entraîné une modification de la jauge IMOCA, imposant dans un premier temps les tests de retournement puis la quille pendulaire pour augmenter stabilité (1996) et plus récemment, en 2013, les mât et quille standardisés.

 

Équipements de sécurité

Les équipements de sécurité sont obligatoires sur tous les bateaux, ceux du Vendée Globe n’échappent pas à la règle. Avant le départ, les arbitres de la Fédération Française de Voile vérifient les équipements de sécurité :

  • 2 radeaux de survie,
  • 1 téléphone iridium fonctionnel et ses batteries de secours,
  • 1 VHF portable,
  • 2 bidons d’eau de secours de 9 litres…

En cas de manquement, un bateau peut se voir refuser le départ.

 

Collisions / OFNI

Les collisions et les OFNI (Objets Flottants Non Identifiés) sont probablement les risques les plus difficiles à prévoir et anticiper. Ces collisions peuvent avoir lieu contre d’autres bateaux, mais aussi contre les mammifères marins, gros poissons (poissons lune), containers ou billes de bois flottant entre deux eaux, growlers et icebergs… Au fil du temps, différents moyens ont permis de limiter ces risques. Depuis une dizaine d’année, l’AIS (Automatic Identification System, Système d’Identification Automatique) permet notamment de localiser et d’identifier les bateaux situés dans une certaine zone de navigation.

 

Pour éviter les glaces dérivantes, une ZEA (Zone d’exclusion Antarctique) est définie par le comité de course et actualisée selon les observations satellite. Cette ZEA est composée de 72 points GPS formant une ligne au sud de laquelle il est interdit de naviguer. En cas de franchissement de cette ligne, les skippers peuvent subir des pénalités. C’est ce qu’il s’est passé pendant le Vendée Globe 2016 lorsque Jean-Pierre Dick a mordu cette ligne : il a dû faire demi-tour et ressortir de la ZEA par là où il y était rentré avant de reprendre sa route en dehors de cette zone. Certains navigateurs regrettent la mise en place d’une telle zone d’exclusion car elle pénalise les moins rapides en augmentant la distance théorique du parcours. En effet, plus on descend au sud, moins on parcourt de milles car on reste proche de l’orthodromie autour du cercle polaire.

 

Pour l’édition 2020-21 du Vendée Globe, 17 participants ont opté pour le système OSCAR. Ce système s’installe en tête de mât. Il combine des caméras thermiques et normales ainsi qu’une intelligence artificielle afin de détecter des objets, même de petite taille, et de calculer leur cap et leur vitesse. En cas de route de collision, une alarme est déclenchée permettant au skipper d’intervenir.

 

Cinq des onze abandons du Vendée Globe 2016 ont été provoqués par des OFNI. Les monocoques d’Alex Thomson, Boris Herrmann et Fabrice Amedeo sont équipés d’un répulsif acoustique installé dans la quille. Après un choc avec un OFNI pendant la Transat Jacques Vabre 2019, Alex Thomson et Neal McDonald ont décidé de se débarrasser de la quille de leur foiler, car elle risquait de déchirer la coque. Le bateau a peut-être heurté une baleine à plus de 20 nœuds soit plus de 37 km/h au septième jours de course. Alex Thomson a envoyé à la classe IMOCA les informations autour de ce « Whale Pinger », un « effaroucheur » qui diffuse des impulsions sonores sous l’eau afin d’éloigner les cétacés. « Si on peut éviter d’abîmer notre terrain de jeu tout en préservant nos bateaux, il n’y a pas à hésiter » (Alex Thomson).

 

Problèmes de santé

On a tous à l’esprit l’histoire de la langue suturée en pleine mer de Bertrand de Broc en 1993 ou l’accident et la fracture du fémur de Yann Eliès dans les mers du sud en 2008. Avec des bateaux de plus en plus puissants et violents, les risques d’accidents et de blessures augmentent. Pour le Vendée Globe, la trousse à pharmacie pèse environ 15 kg. A l’intérieur on retrouve tous types de médicaments répartis en pochons numérotés de manière à ce que les skippers s’y retrouvent plus facilement et à simplifier la prescription. Depuis l’accident de Yann Eliès qui était resté 48h sans avoir accès à de la morphine pour soulager ses douleurs, une petite trousse de secours d’urgence supplémentaire est également prévue de manière à être très facile d’accès.

 

Pendant la course, la seule assistance autorisée est l’assistance médicale. Les marins peuvent contacter à tous moments le médecin de la course, le docteur Jean-Yves Chauve, leur médecin de famille ou le Centre de Consultation Médicale Maritime de Toulouse.

 

Pour compléter cet aspect de la sécurité, les skippers doivent obligatoirement suivre une formation médicale hauturière pendant laquelle ils apprennent notamment comment faire des sutures ou poser un plâtre sur eux-mêmes et sur un concurrent.

 

 

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